Encore une fois, Michel-Édouard Leclerc s’en est pris vendredi sur BFMTV aux profits des industriels, à l’origine selon lui d’une grande part de l’inflation que l’on a connue depuis deux ans. Mais cette fois-ci, il est allé trop loin, selon Marc Fesneau. Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a publié un long post sur les réseaux sociaux pour condamner les propos du patron du comité stratégique des centres E.Leclerc, les jugeant «indécents».
En cause, un passage de l’interview durant lequel celui qui est souvent présenté comme «le patron préféré des Français» affirme que les grands industriels «se sont rémunérés» ces deux dernières années. «L’Ukraine, le Covid, l’après-Covid, l’indisponibilité des containers, tout ça c’était du pipeau», affirme-t-il ensuite. Avant cela, Michel-Édouard Leclerc avait estimé qu’il y avait «eu deux rapports de l’Inspection générale des finances, qui ont établi que l’inflation a financé pour 25% les marges de nos grands industriels». Le premier, publié en novembre 2022, indiquait au contraire que «l’industrie agroalimentaire a comprimé ses marges». Le second, en revanche, soulignait que l’excédent brut d’exploitation (EBE) des industriels avait rebondi de 50% au second semestre 2022, «effaçant leurs pertes par rapport à 2019».
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«Il y a eu des distributions de dividendes cette année et l’année dernière dans le secteur de l’énergie, du transport, mais aussi dans le secteur des produits d’entretien et des grandes multinationales de l’agroalimentaire. Il y a eu des 20% de dividendes», avait poursuivi Michel-Édouard Leclerc sur le plateau de BFMTV.
«On devrait finir par s’habituer et être indifférents aux propos intempestifs de M. Leclerc qui n’a jamais servi qu’une cause : la consolidation de ses seuls profits», a réagi Marc Fesneau sur X (ex-Twitter) et LinkedIn. «Et puis il est des moments où ils deviennent tout simplement indécents parce que derrière tout cela, il y a des réalités humaines. Cette réalité ce sont des drames, des morts, des désordres puissants. Économiques et sociaux», a-t-il ajouté, en référence à la guerre en Ukraine et à la pandémie de Covid-19.
Et le ministre de l’Agriculture d’accuser le distributeur de propager des «théories du complot». Il estime que ce ne sont pas elles «qui aideront dans la période. Ni la recherche de boucs émissaires ou l’absence du moindre sentiment de patriotisme agricole et plus globalement économique de certains acteurs». Pour lutter contre l’inflation, Marc Fesneau dit en appeler «à la responsabilité de tous». «Et l’on peut peut-être espérer qu’en cette période de “magie” de Noël , M. Leclerc se sente enfin concerné», conclut-il.