L’intersyndicale va appeler les Français opposés à la réforme des retraites à redescendre dans la rue. Au lendemain d’une mobilisation en demi-teinte, et alors qu’Élisabeth Borne a engagé la responsabilité de son gouvernement à l’Assemblée nationale, le patron de la CFDT, Laurent Berger, a annoncé la tenue de «nouvelles mobilisations» à venir. «Évidemment qu’il y aura de nouvelles mobilisations, parce que la contestation est extrêmement forte, on a déjà énormément de réactions de la part des équipes syndicales», a-t-il déclaré.
Dans le même temps, la CGT a annoncé la tenue d’une réunion ce jeudi soir, au siège de la centrale, à Montreuil, suivie d’une conférence de presse à 19h30. Toutes les organisations de l’intersyndicale seront présentes, pour rappeler leur opposition au projet du gouvernement, dénoncer le recours au 49.3 et appeler les Français à se mobiliser pour faire reculer l’exécutif.
EN DIRECT – Retraites : après le déclenchement de l’article 49.3, la CFDT annonce de «nouvelles mobilisations»
Mercredi, les patrons des syndicats soulignaient tous que le mouvement social ne se terminerait pas, y compris avec le vote de la loi au Parlement. «Nous allons continuer les grosses mobilisations», et faire pression pour empêcher la promulgation de la loi ou obtenir son abrogation, indiquait le chef de FSU, Benoît Teste. Son homologue de l’Unsa, Laurent Escure, déclarait quant à lui que les mobilisations allaient continuer de manière classique – manifestations, grèves – mais aussi via des recours juridiques auprès du conseil constitutionnel. «Ce sera la fin d’une séquence, d’un processus, mais pas la fin» du mouvement social, martelaient les co-délégués généraux de Solidaires, Murielle Guilbert et Simon Duteil.
Le recours au 49.3 par l’exécutif était une option particulièrement critiquée par les syndicats : «S’il y a un 49.3, ce serait un vice démocratique […], une forme de naufrage», s’insurgeait Laurent Berger. Les représentants, poussés par leur base à durcir encore le mouvement, imploraient l’exécutif de ne pas y avoir recours, sans succès.