La raffinerie Esso- ExxonMobil de Port-Jérôme-Gravenchon (Seine-Maritime), dont les expéditions de carburants sont bloquées pour protester contre la réforme des retraites, va être contrainte de stopper sa production à compter de samedi, faute de pétrole brut à raffiner, a affirmé vendredi la CGT.
«Comme le mouvement a été reconduit à la CIM (Compagnie industrielle maritime), sur le dépôt pétrolier du Havre, il n’y aura pas d’alimentation en brut sur la raffinerie de Gravenchon ce qui va entraîner l’arrêt des installations demain», a déclaré Christophe Aubert, délégué CGT Esso-ExxonMobil, confirmant une information de BFM-Normandie. «Ça va s’arrêter et pour pouvoir redémarrer, il faut compter dix jours à compter de la réception de brut», a ajouté Christophe Aubert.
Contactée par l’AFP, la direction d’Esso-ExxonMobil France n’était pas joignable dans l’immédiat. Afin d’éviter ces manœuvres d’arrêt et de redémarrage longues et délicates et leurs conséquences futures sur l’approvisionnement en carburants de l’Ile-de-France et du grand Ouest, il faudrait que le gouvernement réquisitionne des personnels grévistes au dépôt pétrolier du Havre, une option peu probable, à en croire Christophe Aubert.
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«Le but des réquisitions, d’après ce que j’ai compris de la part du gouvernement, c’est plutôt d’envoyer des produits finis. Donc, il y a très peu de chance qu’il y ait des expéditions de pétrole brut sur la raffinerie de Gravenchon», située à une vingtaine de km du Havre, a-t-il déclaré, faisant notamment référence à des mesures de ce type concernant la raffinerie voisine de TotalEnergies, à Gonfreville-L’Orcher qui jouxte Le Havre. En cas de réquisitions pour débloquer les expéditions de carburants, les quantités stockées vont «alimenter un moment les dépôts pétroliers et les stations-service, mais le temps de reconstituer ce qui sera sorti, on va se retrouver probablement sur une période où il n’y aura pas de produits à disposition», a poursuivi Christophe Aubert.
À moins, dit-il, que les grèves cessent et que les importations de produits pétroliers redémarrent. La France importe en effet 50% des carburants consommés dans le pays. L’approvisionnement du bassin parisien en carburants par la raffinerie de TotalEnergies de Gonfreville-L’Orcher a repris vendredi après une intervention des forces de l’ordre, a indiqué plus tôt dans la matinée la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.