À quelques jours du premier anniversaire de l’invasion russe en Ukraine, le ministre des Armées a affirmé dans une interview accordée au Parisien que les chars légers AMX-10 promis par la France à l’Ukraine seraient «livrés dès la fin de la semaine prochaine».

«Les formations sont sur le point de s’achever, ces blindés vont être livrés dès la fin de la semaine prochaine», a précisé Sébastien Lecornu, qui refuse néanmoins de se prononcer sur le nombre de chars livrés «pour ne pas donner une information stratégique à la Russie». Le ministre des Armées a par ailleurs réaffirmé la position de la France de ne pas livrer pour l’heure les chars Leclerc demandés par Kiev, considérant qu’ayant connu un «succès limité à l’export», il ne pouvait être livré en masse, contrairement au Leopard allemand.

S’il s’est montré évasif sur la question des avions de combat réclamés par Zelensky, Sébastien Lecornu n’a pas fermé la porte à d’éventuelles livraisons. «Il n’y a pas de tabou», a-t-il déclaré, précisant par ailleurs que «rien n’est exclu» au sujet de la formation de pilotes ukrainiens par l’armée française.

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Alors qu’Emmanuel Macron a évoqué vendredi, pendant la conférence de Munich sur la sécurité, une guerre en Ukraine qui «touche la planète entière», le ministre des Armées a écarté le risque, pour les Occidentaux, de devenir des cobelligérants : «Nous ne sommes ni naïfs, ni va-t-en-guerre.» Selon lui, le renforcement de l’appui militaire à l’Ukraine ne devrait pas conduire la France ni ses alliés à s’engager plus directement dans le conflit. «La légitime défense existe dans le droit international. Il n’est donc pas «escalatoire» (sic.) de se défendre (…), a-t-il souligné, avant de fustiger l’argumentaire de certaines formations politiques s’inspirant en cela du narratif du Kremlin». «Les récentes déclarations de Marine Le Pen sur le risque d’une Troisième guerre mondiale qu’engendrerait notre aide à l’Ukraine sont les mots du Kremlin», a-t-il martelé, pointant également du doigt «la France insoumise».

Interrogé sur la capacité des Occidentaux à fournir suffisamment de munitions à l’Ukraine, Sébastien Lecornu a déclaré que «notre base industrielle et technologique de défense doit se transformer, pour pouvoir produire plus vite, en masse et à des coûts maîtrisés», confirmant qu’«avec le soutien militaire à l’Ukraine, les stocks du monde entier sont mis en tension». Le ministre des Armées a rappelé que l’été dernier, Emmanuel Macron avait demandé à l’industrie française de «se placer en situation d’économie de guerre».

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Sur ce renforcement de l’industrie militaire qu’il appelle de ses vœux, le ministre des Armées a évoqué l’entreprise Nexter, fabriquant du canon Caesar fourni par la France à l’Ukraine. «Les chaînes de production vont en fabriquer deux fois plus chaque mois, passant de quatre aujourd’hui à huit d’ici l’année prochaine, a expliqué Sébastien Lecornu, et le temps de fabrication va diminuer, passant de trente mois à dix-sept mois aujourd’hui, pour un objectif que j’avais fixé à douze mois. Cette augmentation des cadences va permettre de remplacer plus vite les Caesar déjà cédés par les armées à l’Ukraine».