Noël Le Graët et Amélie Oudéa-Castéra ne s’apprécient pas. Au plus haut point. Et depuis plusieurs semaines ne cessent de se répondre par médias interposés, sans se viser directement. Visé par une enquête pour harcèlement moral et sexuel ouverte ce mardi, le président de la FFF, mis en retrait de ses fonctions depuis une semaine, s’est étonné ces derniers jours des « fuites » dans les médias. Nouvelle pique à peine voilée envers la ministre. Cette dernière n’a pas tardé pour répondre mardi soir.
«J’ai appris par voie de presse aujourd’hui l’ouverture de cette enquête. Il appartient désormais à la justice de faire son travail et de décider des suites à donner, a-t-elle d’abord répliqué. Je n’ai ni reçu, ni commenté, ni qualifié les éléments qui lui ont été transmis en toute indépendance par l’IGESR et dont le parquet a jugé qu’il devait se saisir. Et il ne m’appartient pas plus de commenter cette décision judiciaire. Chacun son rôle, ses responsabilités, c’est un principe auquel je suis très attachée. » Une manière de dire publiquement qu’elle n’est pas à l’origine de ces fameuses fuites, même si le clan Le Graët n’en pense pas moins.
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La ministre des Sports a explicité à nouveau son propos, sans changer de posture, avec la volonté ferme de ne pas céder à la pression du patron de la FFF, qui voit, chaque jour qui passe, l’étau se resserrer. «Les déclarations que j’ai faites la semaine dernière concernaient la faillite établie de Noël le Graët dans sa fonction de représentation de la Fédération, je les assume et les maintiens. La mission d’inspection conduite par l’IGESR poursuit ses travaux sur les champs qui demeurent de sa compétence, de façon là aussi indépendante, avec méthode, et les finalisera dans les délais annoncés, dans le respect du contradictoire et des droits des parties, comme c’est le cas depuis le début de cet audit. Noël le Graët est un justiciable comme un autre. Il est libre d’organiser sa défense comme il le souhaite, mais ses tentatives de diversion ne duperont personne. Je ne me laisserai pas mettre en cause.»