Le secrétaire général de la CFDT a appelé jeudi «au respect des biens et des personnes, à la non-violence», à l’occasion de la neuvième journée de manifestation contre la réforme des retraites, marquée selon lui par un «regain de mobilisation».

«Jusqu’au bout il va falloir garder l’opinion, c’est notre pépite», et pour cela «il faut des actions non violentes, qui n’handicapent pas le quotidien des citoyens», a expliqué Laurent Berger peu avant le départ du cortège parisien.

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De son côté, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, accuse Emmanuel Macron d’avoir «jeté non pas de l’huile sur le feu, mais un bidon d’essence sur la mobilisation». Il revendique par ailleurs un «très haut niveau de mobilisation» ce jeudi, dans l’ensemble de l’Hexagone. «On a des retours du niveau du 7 mars», a estimé le chef de FO, Frédéric Souillot, ajoutant, avec un sourire, que le chef de l’État a «aidé» les syndicats à mobiliser en agaçant les opposants lors de sa prise de parole, mercredi. «Il y a une grande colère», a complété Philippe Martinez, soulignant le profil plus jeune que d’ordinaire des manifestants: «Aujourd’hui il y a beaucoup de lycéens, d’étudiants, il y a des facs qui sont bloquées, c’est plutôt une bonne chose».

«Le discours de Macron nous aide à mobiliser», a estimé Cyril Chabanier (CFTC), tandis que Murielle Guilbert (Solidaires) a senti «beaucoup de fébrilité dans les déclarations» du chef de l’État, Dominique Corona (Unsa) jugeant que «le président de la République a la monnaie de sa pièce». Tous se tournent désormais vers le Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer sur le texte dans moins d’un mois. «On a un horizon de mobilisation au moins jusqu’à sa décision», a prévenu Benoit Teste (FSU), pour qui «c’est dans l’intérêt de la société de continuer un mouvement encadré et coordonné».