Semaine noire en perspective pour les Français. Réunies ce matin avec leurs secrétaires généraux, cinq branches syndicales de la CGT se sont accordées pour durcir leur lutte contre la réforme des retraites. L’heure est à la grève reconductible et à «la désorganisation de l’économie», a noté un des leaders de fédérations. Premier à prendre la parole, Laurent Brun de la CGT-Cheminot a souligné qu’un accord a été trouvé pour «une grève reconductible par période de 24 heures». Un mouvement qui commencera dès le 6 mars au soir, et qu’ont rejoint les autres organisations syndicales du ferroviaire.

Mot d’ordre identique à la Fnic-CFT (Chimie, pétrole…), où «partout les travailleurs sont prêts à changer de braquet», a expliqué Emmanuel Lépine, le numéro un. Plusieurs secteurs ont d’ores et déjà prévu de voter la reconductible à commencer par les raffineries, dont le précédent mouvement social avait déjà créé de fortes pénuries dans le pays. L’arrêt du travail pourrait ici survenir dès le 6 mars. Ils ne seront pas seuls. Les terminaux d’importations, les dépôts et «les pompistes du ciel» seront aussi concernés.

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Parmi les dockers, où la CGT est très représentée, les opérations ont déjà commencé par des «arrêts d’heures supplémentaires et des shifts exceptionnels», a expliqué la fédération. Des opérations qui ont déjà pour but de «désorganiser la production». Mais les militants ne comptent pas s’arrêter là. Une grève de 48 heures est annoncée pour le 7 et 8 mars. En point d’orgue, la seconde journée est qualifiée de «ports morts». «Toutes les portes seront fermées pour s’assurer qu’il n’y ait aucune activité», a poursuivi Tony Hautbois, le secrétaire fédéral des ports et docks.

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Dernier à prendre la parole Sébastien Menesplier, de l’énergie, a promis «une semaine noire». Une menace qui va se concrétiser par «des coupures ciblées» ou encore «des blocages de sites stratégiques», a averti le syndicaliste. En plus de ces quatre fédérations, d’autres, comme celle de la construction, bois et ameublement ainsi que celle du commerce devraient bientôt se joindre à la grève reconductible, selon les intervenants. De quoi «mettre à genoux l’économie», ont-ils espéré.

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