La main tendue des Républicains a été saisie. En réponse à la députée LR Véronique Louwagie, lors des traditionnelles questions au gouvernement, Élisabeth Borne a annoncé ce mardi que les salariés aux carrières longues, – ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans – , n’auront pas à cotiser plus de 43 ans pour partir à la retraite dès qu’ils auront atteint l’âge de départ anticipé requis.
L’occasion d’annoncer que le gouvernement a déposé un amendement qui pose le principe suivant : «Dès lors qu’est atteint l’âge de départ anticipé, la réforme ne prévoit pas pour les carrières longues de durée de cotisation supérieure à 43 ans. Ce sera donc aussi le cas pour les personnes ayant commencé à travailler à 17 ans et dont l’âge de départ anticipé est fixé à 60 ans». Dans le projet initial du gouvernement présenté début janvier, certains salariés en carrière longue devaient cotiser 44 ans.
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«La prise en compte de la situation de celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt est un des marqueurs forts» de la réforme, a clamé la chef du gouvernement. Depuis quelques semaines, les députés de la droite, qui forment un groupe pivot pour l’adoption de la réforme à l’Assemblée nationale, sont divisés. Pour faire pression sur l’exécutif et mieux marchander leurs votes, bon nombre de parlementaires avaient mis en débat la question des Français qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Traduction : ces derniers auraient dû cotiser plus que les 43 ans prévus par la réforme.
Dans une interview au JDD, il y a dix jours, Élisabeth Borne avait déjà fait un pas vers la droite : «Nous allons bouger en étendant ce dispositif de carrières longues à ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 21 ans. Ils pourront ainsi partir à 63 ans, conformément aux règles prévues par le dispositif.» Un geste qui n’avait pas suffi à gagner l’aval complet et définitif des Républicains.
Alors que la réforme terminera vendredi son examen à l’Assemblée nationale, puis partira ensuite au Sénat, la première ministre s’est donc montrée encore plus accommodante, ce mardi. «À la différence de certains dans cet Hémicycle qui font obstacle au débat, le gouvernement a écouté, et fait évoluer son projet en fonction des arguments et des propositions défendus par les uns et les autres», a cinglé Élisabeth Borne en ciblant les Insoumis.
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