Cela semble être un corollaire à l’abandon croissant du cash par les Français, et donc des distributeurs de billets : retirer de l’argent en dehors de sa banque coûte de plus en plus cher. Selon une étude du comparateur bancaire Panorabanques publiée ce mardi, le coût moyen annuel de ce qui est appelé les «retraits déplacés» s’élève à 12,75 euros en 2023 – pour quatre retraits par mois avec une carte classique -, soit 6,25% de plus qu’en 2022 (12 euros) mais surtout 48% de plus qu’en 2021 (8,60 euros).
Pour expliquer cette augmentation, Panorabanques explique que «les banques facturent de plus en plus les retraits déplacés au-delà de 1 euro». De plus, «les banques réduisent de plus en plus le nombre de retraits déplacés gratuits avec une carte bancaire classique», souligne l’étude. En 2023, sept banques ont ainsi réduit ce forfait mensuel, dont Banque de Savoie (de 4 à 2), Banque Populaire Val de France (de 3 à 2) ou encore certaines banques du Crédit Agricole. En 2022, le CIC et l’ensemble des banques du Groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale avaient déjà réduit ce nombre de quatre à deux. De son côté, la Caisse d’Épargne Languedoc Roussillon a augmenté le coût unitaire des retraits déplacés en 2023, de 1 à 1,02 euro.
Parmi les banques qui facturent le plus cher ces retraits déplacés, Panorabanques cite LCL (1,42 euro par retrait déplacé, après le forfait gratuit de 3 retraits déplacés avec une carte bancaire classique), Banque Populaire Occitane (1,3 euro par retrait déplacé, après le forfait gratuit de 3 retraits déplacés avec une carte bancaire classique), ou encore Banque Populaire Val de France (1,2 euro par retrait déplacé, après le forfait gratuit de 2 retraits déplacés avec une carte bancaire classique). L’une des manières de limiter ces frais est par exemple de «souscrire à une carte bancaire haut de gamme», cite Panorabanques, ou bien encore de «souscrire à un forfait retraits déplacés illimités». Sinon, effectuer tous ses retraits dans le réseau de sa banque ou rester dans sa limite de retraits déplacés gratuits restent probablement les solutions les moins coûteuses.
À lire aussiFusion des distributeurs de trois grandes banques : quelles conséquences pour les clients ?
Pour de nombreux clients bancaires, ces frais supplémentaires pourront de toute manière bientôt être réduits. BNP Paribas, Société générale et Crédit Mutuel Alliance Fédérale (qui possède CIC) vont en effet mettre en commun, à partir du quatrième trimestre 2023, les 15.000 distributeurs automatiques de billets (DAB) qu’ils gèrent en France (soit un tiers du parc). Parc de distributeurs qui ne cesse de fondre ces dernières années (-14% entre 2015 et 2021), pour s’adapter au recul de l’utilisation des espèces, qui s’est accéléré avec la crise sanitaire. Pour les trois réseaux bancaires, cette mutualisation des points de retrait doit surtout permettre de réduire les coûts de gestion de leurs distributeurs, chers à entretenir.
À VOIR AUSSI – BNP Paribas, Société Générale et Crédit Mutuel-CIC mettront en commun leurs distributeurs de billets fin 2023