Face à un coût de la vie plus important en Île-de-France qu’ailleurs dans l’hexagone, Valérie Pécresse souhaite agir. Dans un entretien accordé à 20 Minutes, la présidente (LR) de la région dit vouloir créer un smic régional francilien, supérieur d’environ 9% à son niveau actuel. «Le coût de la vie c’est 8,8 % de plus en Île-de-France. Si on voulait la parité de pouvoir d’achat dans toutes les régions, le smic devrait être à 9% ou 8,8% de plus en Île-de-France», déclare Valérie Pécresse.
Toutefois, la patronne du conseil régional ne veut «pas (s)’engager sur ce chiffre». Elle dit vouloir qu’il soit fixé «par concertation avec les partenaires sociaux». La création de ce smic régional serait une mesure de justice sociale, argumente Valérie Pécresse. «Nous avons un smic qui n’offre pas le même reste à vivre. Et c’est un problème pour les travailleurs essentiels, qui ne peuvent pas se loger en Île-de-France. On repousse en dehors de la région des personnes qu’on devrait loger chez nous», justifie-t-elle, prenant l’exemple d’ «un salarié rémunéré au smic qui loue un studio à Créteil». «Ça lui coûte 51 % de son revenu alors que ça lui coûterait 25 % à Limoges», affirme-t-elle.
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Selon Valérie Pécresse, une telle mesure pourrait en outre permettre de réduire les tensions sur certains métiers de la fonction publique. «Le problème c’est pour la fonction publique de l’Île-de-France : l’hôpital, les écoles, les agents de sécurité… Ils ont les plus petits salaires. Et après, on dit qu’on ne trouve pas d’aides-soignantes, mais comment voulez-vous faire ? Il faut que l’État comprenne qu’il ne peut pas rémunérer des agents publics au même tarif à Paris qu’ailleurs», développe l’ancienne candidate à la présidentielle.
La création de ce salaire minimum régional fait partie des 40 propositions qui seront présentées par Valérie Pécresse ce mercredi aux élus régionaux, dans le cadre d’un «choc de décentralisation». Elles seront soumises au vote du Conseil régional, puis, si la délibération est adoptée, elles seront transmises au gouvernement, qui aura un an pour dire s’il accepte de déléguer ces compétences à la région. Une saisine de l’État permise par la loi dite «3DS» relative à la différenciation, la décentralisation et la déconcentration, adoptée en février 2022.
Si jamais cette proposition de smic régional était validée par l’État, et qu’il était relevé de 9% comme le veut Valérie Pécresse, il passerait de 1747,20 euros brut mensuels aujourd’hui à 1904,45 euros. La présidente de région ne précise pas d’ailleurs d’où vient ce chiffre de 9%. Une récente étude de l’Insee, publiée en juillet, a montré qu’en 2022, le niveau général des prix à la consommation en région parisienne était supérieur de 7% à celui du reste de la France métropolitaine (hors Corse). «Pour consommer comme un ménage moyen de province, il faut dépenser 8 % de plus en région parisienne», relève la même étude.