Face à une inflation qui continue à éroder le pouvoir d’achat des 5,7 millions d’agents publics, le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires démarrent lundi un cycle de discussions autour de mesures de revalorisation salariale. Le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, doit recevoir d’ici à la fin de la semaine les huit organisations représentatives de la fonction publique.

Premier syndicat du secteur public, la CGT ouvrira le bal lundi à 8h45, suivie de Force ouvrière (mardi à 8h45) et de la CFDT, de l’Unsa et de la FSU (mardi après-midi). Le syndicat FA-FP sera le dernier à être reçu, probablement jeudi après-midi. Alors qu’un fonctionnaire sur cinq est payé au niveau du Smic (1383 euros net) depuis la dernière revalorisation du salaire minimum le 1er mai, le gouvernement entend concentrer ses efforts salariaux sur les agents publics les moins bien rémunérés.

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Les syndicats demandent à l’inverse des augmentations au profit de tous les fonctionnaires, à l’image de la hausse de 3,5% des traitements décidée à l’été 2022. «Notre objectif serait d’avoir au moins aussi bien qu’en 2022», avançait la semaine dernière la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques Mylène Jacquot.

«On sent un grand paradoxe entre le volontarisme du ministre Guerini et les annonces du ministre de l’Économie Bruno Le Maire ou du président Emmanuel Macron», soucieux respectivement de réduire de 5% les dépenses des ministères et de consacrer 2 milliards d’euros d’ici à 2027 à des baisses d’impôts, s’inquiète le secrétaire général de la FGF-FO Christian Grolier.

Les discussions autour des salaires seront le premier échange officiel depuis des semaines entre l’administration et les syndicats, qui avaient suspendu le dialogue en raison de leur opposition unanime à la réforme des retraites. «On ne va pas reprendre la discussion comme avant, la confiance a été rompue» par cette réforme qui a reporté l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, avertit Christian Grolier.

Les huit syndicats prévoient déjà de se réunir autour du 30 mai pour faire le point sur les engagements éventuellement obtenus et la suite de leur participation au dialogue avec le gouvernement. De son côté, Stanislas Guerini espère pouvoir annoncer des mesures salariales «dans le courant du mois de juin».