Les compagnons de la communauté Emmaüs de Tourcoing (Nord) ont entamé mardi une grève pour de meilleures conditions de travail et une régularisation des travailleurs sans papiers, rejoignant un mouvement des antennes de Saint-André-Lez-Lille et Grande-Synthe. Les grévistes entendent dénoncer «leurs conditions de travail et leurs conditions d’existence» et revendiquent «un changement radical à la tête» de leur association, selon un communiqué de l’union locale de la CGT. Ils sont plusieurs dizaines, a indiqué l’un d’eux à l’AFP, ne donnant que son prénom, Achraf.
Parmi eux, des compagnons sans-papiers, qui font état de conditions de travail «scandaleuses : hygiène (des rats), sécurité (machines inadaptées, blessures), conditions de travail (40 heures exténuantes par semaine), propos racistes et attitudes méprisantes», poursuit le syndicat. Ils réclament une régularisation. Des salariés en CDI et en contrat d’insertion – ces derniers demandent notamment un salaire au moins égal au Smic – participent eux aussi à la grève.
La mobilisation à Tourcoing s’inscrit dans un mouvement initié par la communauté de Saint-André-Lez-Lille, dont une vingtaine de compagnons sans papiers est en grève depuis début juillet. Cette communauté, qui accueille une cinquantaine de personnes, dont 15 enfants, est visée depuis mai par une enquête pour «traite d’êtres humains» et «travail dissimulé».
Dans une autre communauté Emmaüs du Nord, celle de Grande-Synthe, une vingtaine de compagnons ont entamé fin août un mouvement de grève pour protester contre les conditions de travail. Ces grévistes ont été convoqués pour un conseil d’administration de l’association le 14 septembre, au cours duquel leur radiation «est envisagée», a indiqué à l’AFP leur avocat, Me Ioannis Kappopoulos. Cela les «priverait de leur statut de compagnons» et les mettrait à la rue, s’est-il inquiété. Un conseil d’administration d’Emmaüs France est également prévu courant septembre et doit permettre de «tout mettre à plat », avait indiqué fin août à l’AFP Sylvie Desjonquères, vice-présidente de la branche communautaire d’Emmaüs.