Il a préféré quitter la Russie car il y avait encore «une fenêtre pour partir». Le photojournaliste français Patrick Wack – aujourd’hui en France – a accompagné le journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich – arrêté par Moscou qui l’accuse d’«espionnage» – pendant quatre jours dans l’Oural (Russie), juste avant qu’Evan Gershkovich ne soit arrêté. Interrogé sur franceinfo  mardi 4 avril, Patrick Wack a assuré «n’avoir eu absolument aucun problème lors du reportage dans l’Oural», dont il a préféré ne pas communiquer le sujet pour « rester discret». Il en a même été «surpris». D’après lui, les autorités russes étaient parfaitement au courant du travail qu’il réalisait avec Evan Gershkovich.

«Evan Gershkovich devait revenir dans l’Oural après notre retour, mais je ne savais pas qu’il était déjà reparti, avance Patrick Wack sur franceinfo. Je l’ai vu le vendredi 24 mars puis j’ai entendu le mercredi suivant que nous n’avions plus de nouvelles de lui». Le lendemain, son arrestation était confirmée par les autorités russes qui indiquent l’avoir pris « la main dans le sac». «Je sais simplement que des personnes l’ont vu être emmené par des officiers en civil alors qu’il était dans un restaurant », poursuit Patrick Wack à propos d’Evan Gershkovich.

Patrick Wack a ensuite évoqué le travail des deux journalistes sur leur lieu de reportage. «Je n’ai pas du tout senti que mon travail pouvait gêner, confie-t-il. Nous avons rencontré et interrogé des personnes de tout bord. Les gens parlaient et se livraient». «Toutes les hypothèses sont possibles » concernant les raisons de l’arrestation d’Evan Gershkovich, a-t-il estimé, alors qu’il était interrogé sur le possible lien avec un article récemment publié par le journaliste du Wall Street Journal sur l’effondrement de l’économie russe. «C’est encore possible de travailler en Russie pour les journalistes étrangers, a-t-il affirmé. C’est important, il le faut».

À lire aussiLa Russie révise sa «doctrine» de politique étrangère

Evan Gershkovich a été arrêté à Ekaterinbourg dans l’Oural où il se trouvait pour un reportage. Il travaillait depuis plus d’un an en Russie pour le Wall Street Journal et enquêtait notamment sur le groupe Wagner et son action en Ukraine. Le FSB – les services secrets russes – l’accuse d’avoir collecté des informations «sur une entreprise du complexe militaro-industriel» russe. Ce lundi, il a fait appel de sa détention.