Pour un référendum sur la réforme des retraites ? C’est ce que semblent réclamer les syndicats. Peu avant le départ de la manifestation parisienne ce samedi, en cette septième journée de mobilisation nationale contre le projet gouvernemental, les leaders des centrales ont suggéré à Emmanuel Macron de «consulter le peuple» sur sa réforme. En particulier les points stratégiques du recul de l’âge légal de départ (de 62 à 64 ans) et l’accélération de l’augmentation de la durée de cotisation à 43 ans.
«Puisqu’il est si sûr de lui, qu’il consulte les citoyens !», a déclaré, bravache, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. «Il faut qu’il y ait une consultation des citoyens de ce pays» sur la réforme, a-t-il martelé. «Le gouvernement utilise les armes à sa disposition, chacun utilise les siennes !», a noté, quant à lui, Frédéric Souillot, son homologue de Force ouvrière (FO). «On dit, en intersyndicale, puisque la démocratie sociale n’est pas écoutée, il faut peut-être aller vers la consultation des citoyens. C’est une option qui existe», a déclaré quant à lui Laurent Berger, le patron de la CFDT.
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Les leaders syndicaux ont par ailleurs fait part de leur colère face à la fin de non-recevoir qu’a opposée le chef de l’État à leur demande de le rencontrer. Désormais, ils ne retiennent plus leurs coups. «Mépris», «arrogance», «bras d’honneur», voire «double bras d’honneur»… Les patrons des centrales ne cachent plus leur agacement face à une situation sociale totalement bloquée.«La détermination a dépassé le stade de la grosse colère», a dit Philippe Martinez. Comme ses homologues d’autres structures, le numéro un de la CGT s’est dit inquiet de l’évolution du mouvement social. «Le gouvernement prend le risque que les citoyens se disent : qu’est-ce qu’il faut faire de plus pour qu’il nous écoute ? […]. La réponse du président de la République, c’est : “allez vous faire voir”», a lancé le chef de la centrale de Montreuil, d’un ton sans appel.
«Le sentiment des salariés, c’est qu’on leur a fait un bras d’honneur», a également maugréé de son côté Laurent Berger. «J’implore ceux qui dirigent ce pays de sortir de cette forme de déni du mouvement social», a-t-il insisté, évoquant une forme de «sidération» face à la fin de non-recevoir du président de la République. «On ne nous reçoit même pas, alors que qu’est-ce que ça coûte de nous recevoir !», a aussi soupiré Benoît Teste, le secrétaire général de la FSU.
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