La première journée de cette 10e Coupe du monde de rugby restera dans les annales. Elle a notamment été marquée par la victoire du XV de France contre la Nouvelle-Zélande. Une première défaite en match de poule pour les All Blacks dans l’Histoire de la compétition ! Mais, côté coulisses, l’évènement a déjà connu quelques ratés, qu’il serait de bon ton de corriger pour la suite. À commencer par ces centaines de fans anglais et argentins massés, samedi soir, sur les escaliers à l’entrée du Vélodrome alors que le coup d’envoi de la rencontre avait déjà été donné.

Aucun incident ne fut à déplorer, mais cela est à mettre au crédit de l’excellent comportement des supporters qui ne se sont pas énervés et ont patienté en entonnant des chants. World Rugby et France 2023 ont présenté leurs excuses et ont su corriger le tir pour le match de dimanche.

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Mais, à la sortie des stades ce week-end, les supporters évoquaient d’autres sujets de mécontentement. Vendredi soir au Stade de France, les fortes chaleurs n’avaient nullement été anticipées. Rapidement il était impossible de se procurer la moindre bouteille d’eau. Pareil pour les… bières. La canicule qui touchait le bassin parisien était pourtant prévue depuis plusieurs jours. Elle est désormais terminée, et le risque de connaître à nouveau des températures aussi élevées pour le reste de compétition est relativement faible. Mais ce problème n’a pas été rencontré qu’à Saint-Denis, et ne peut être mis au crédit des seules chaleurs exceptionnelles.

À Bordeaux, selon le Parisien, les stocks de bières prévus pour le match de dimanche soir, Pays de Galles-Fidji, ont été entamés par celui de la veille, Irlande-Roumanie. À Marseille, après plus de 45 minutes de queue aux buvettes, bon nombre de spectateurs sont repartis les mains vides, que ce soit le samedi ou le dimanche pour Ecosse- Afrique du Sud. La faute à un personnel pas suffisamment formé au débit de boissons, à des stocks mal gérés et à une demande mal estimée. Les fûts étaient vides avant même la fin de la première mi-temps. !

Croisé à la sortie du stade après le match Angleterre Argentine, un barman nous racontait comment il avait failli en venir aux mains avec des supporters énervés de ne pas pouvoir se désaltérer. Pas de glace pour refroidir les fûts, impossible de tirer autre chose que de la mousse… Cette histoire, on l’a malheureusement entendue dans plusieurs stades et dans bien des versions. Du spectateur anonyme à l’ancienne gloire du rugby international, tous témoignent des mêmes cafouillages.

Le lundi matin, dans les cafés bondés à côté de la gare Saint-Charles de Marseille, c’était le sujet de conversation numéro 1, avant même de commenter les matchs du week-end, pour des supporters britanniques qui attendaient depuis plus d’une heure un café-croissant que les serveurs étaient incapables de leur amener… là encore par manque d’anticipation. Difficile, en effet, de prévoir qu’après deux jours de matches, des milliers de personnes allaient quitter la ville pour suivre leur équipe, et que l’affluence serait inhabituelle aux abords de la gare…

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Alors que la Coupe du monde au Japon, il y a quatre ans, avait ravi les voyageurs pour son organisation méticuleuse et sans accroc (à l’exception notable d’un typhon qui a causé l’annulation de deux matches), l’impression laissée par cette première journée fait tache. Ajoutons à ça, les tramways bondés à Bordeaux, les métros itou à Marseille… Au-delà du problème d’alcool, qui paraît anecdotique. Après tout, l’abus de l’alcool est dangereux pour la santé, d’ailleurs la question ne se posera pas pour les Jeux, la vente d’alcool étant proscrite sur les sites olympiques. Mais quand on propose un service, il est important de s’y tenir…

Cela fait beaucoup de couacs en seulement trois jours de compétition, alors que le pays était pourtant attendu sur ce point après le fiasco de la finale de la Champions League. France 2023 et World Rugby ont admis mercredi lors d’une conférence de presse, que des problèmes avaient été rencontrés et ont, à nouveau, présenté des excuses pour ces différents points. Espérons que la deuxième journée, qui commence ce jeudi soir avec France-Uruguay à Lille, connaîtra moins de mésaventures.