Les punaises de lit sont décidément en voie d’envahir le débat sociétal et politique. Pas plus tard que ce vendredi matin, une nouvelle polémique est née sur le plateau de CNews, lors d’un débat portant sur la multiplication des fameux nuisibles. «Est-ce qu’on sait pourquoi il y a plus de punaises de lit aujourd’hui ? Est-ce lié à l’hygiène ? Je vais poser toutes les questions», a déclaré l’animateur Pascal Praud, en préambule de son émission «L’heure des pros», diffusé chaque soir sur la chaîne CNews.
Le présentateur, qui recevait Nicolas Roux de Bézieux, fondateur-dirigeant d’une plateforme spécialisée dans la désinsectisation, n’a pas hésité à dresser un parallèle entre la prolifération des punaises de lit et l’immigration. «Il y a beaucoup d’immigration en ce moment. Est-ce que c’est les personnes qui n’ont pas les mêmes conditions d’hygiène que ceux qui sont sur le sol de France qui les apportent, parce qu’ils sont dans la rue, parce que peut-être n’ont-ils pas accès à tous les services comme les autres ? Est-ce que c’est lié à cela ?», a ainsi interrogé le journaliste. «Absolument pas», a rétorqué, catégorique, le dirigeant d’entreprise, avant que Pascal Praud, prévenu d’une polémique naissante sur les réseaux sociaux, ne justifie sa question à la fin de l’émission. «L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (…) s’est retirée de la zone d’attente de Roissy infestée par les punaises de lit. Une situation qui, selon elle, ne cesse de se dégrader» depuis ses premiers signalements en février, a-t-il alors argué.
Depuis la diffusion de l’émission, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les propos de l’animateur. Deux députés Renaissance et LFI ont annoncé vendredi saisir le régulateur des médias, après une question jugée «raciste» du journaliste Pascal Praud demandant sur CNews si la recrudescence des punaises de lit pouvait être liée à l’immigration. Il s’agit d’«un racisme rance qu’on espérait éradiqué !», se sont insurgé dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter) les députés Renaissance, annonçant saisir le régulateur des médias, l’Arcom, pour ces propos «décomplexés» et «ignobles».
Aurélien Saintoul, député La France insoumise (LFI)/Nupes des Hauts-de-Seine, a ainsi indiqué saisir l’Arcom pour des propos qu’il estime «d’un racisme évident» Sollicitée par l’AFP, l’Arcom a confirmé avoir été saisie, sans préciser l’identité des auteurs du signalement, et instruire prochainement la séquence en cause.
Bérangère Couillard, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, a pour sa part demandé à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) de saisir l’Arcom.
«Je n’accepterai jamais les discours de haine dans les médias comme ailleurs. Il ne faut rien laisser passer», a-t-elle déclaré sur X. L’Arcom n’a pas précisé l’identité des auteurs du signalement et à indiqué instruire prochainement la séquence en cause.